Accueillir la douleur, qu’est-ce que cela signifie concrètement? Souvent, on arrive à l’accouchement avec l’objectif de ne pas trop avoir mal. En réalité, ça fait souvent l’effet inverse.
- Plus tu veux résister = plus ton corps se crispe
- Plus ton corps se crispe = plus la douleur s’intensifie
Lorsque tu comprends que la douleur est normale et utile (c’est un signe que bébé fait son chemin pour sortir!), que ton corps travaille pour toi et que tu es en sécurité, ton cerveau panique moins et ton corps coopère mieux!

Les bases pour mieux accueillir la douleur
Créer un sentiment de sécurité :
Ça peut sembler banal, mais c’est la chose la plus importante!
Ton corps est programmé pour accoucher. Pour que ça fonctionne bien, il doit sentir que tout est correct autour de toi.
Si tu te sens en sécurité :
- Ton corps libère des hormones utiles
- Tes contractions sont plus efficaces
- Tu arrives à mieux gérer la douleur
Si tu te sens stressée ou en danger :
- Ton corps se met en mode « alerte »
- Tu te crispes
- La douleur augmente
- Le travail peut ralentir
Être avec des personnes en qui tu as confiance, te sentir écoutée et comprendre un peu ce qui se passe fera toute la différence. Le but est que ton cerveau se dise :
« Je peux me laisser aller, je suis correcte. »
Apaiser ton corps
Quand ton corps est tendu, la douleur est plus intense. L’objectif c’est de l’aider à se relâcher le plus possible, même pendant les contractions.
- Chaleur
- Bouillotte dans le bas du dos, douche chaude, compresse chaude sur le périnée
- Ça détend les muscles et calme le système nerveux
- Fraîcheur
- Débarbouillette froide au front, visage
- Positions
- Priorise celles qui te font du bien (tu n’es pas obligée d’être couchée!)
Ça se peut aussi que tu veux avoir le chaud en bas et le froid en haut! 😌 Il est important que tu testes, que tu explores et que tu utilises ce qui TE fait du bien. L’idée n’est pas de suivre une recette parfaite, mais de se demander : qu’est-ce qui me fait du bien en ce moment?
Et ce qui te fait du bien peut changer aux cinq minutes et ce n’est pas grave! On s’adapte en cours de route.

Utilise ton cerveau à ton avantage
Petit fait intéressant, le cerveau ne peut pas gérer deux douleurs en même temps. 👀
En créant volontairement une autre sensation inconfortable, mais contrôlée, tu peux diminuer la perception des contractions : ça détourne l’attention du cerveau et atténue l’intensité ressentie de la douleur.
Exemples :
- Serrer un peigne dans ta main
- Points de pressions (le plus apprécié : entre ton pouce et ton index)

Une ambiance relaxante est à prioriser
On pense souvent que l’accouchement, c’est juste physique. En réalité, l’environnement influence énormément ton expérience.
Imagine :
- Les lumières fortes d’hôpital
- Beaucoup de bruit (machine, accouchement de la voisine)
- Va-et-vient constant du personnel
On s’entend que c’est difficile de se relâcher dans ce contexte 😅
Alors que si tu crées une ambiance plus relaxante :
- Lumières tamisées
- Musiques que tu aimes
- Odeur réconfortante (amène des chandelles)
- Cacher l’horloge ! Parce que regarder le temps passer peut créer du stress du genre « ça avance pas assez vite, ça fait x temps que je pousse ».
Dans cet environnement, ton corps comprend que c’est sécuritaire et il se détend.

Respirer, mais pas n’importe comment
On dit souvent « respire », mais sans trop expliquer comment. Pendant une contraction, l’objectif, c’est d’éviter de se crisper.
- Relâche ta mâchoire (c’est très important!)
- Fait des sons graves (« aaaah », « ooooo »)
- Contrôle ta respiration
Pourquoi?
Tout ton corps est connecté. Si ta mâchoire est crispée, ton périnée l’est aussi. Ça peut rendre la douleur plus intense et ralentir le travail.
Diminuer la peur
La peur, c’est un amplificateur de douleur. Plus tu as peur, plus ton cerveau interprète la situation comme dangereuse et plus la douleur devient difficile à gérer.
Donc :
- Nommer ce que tu ressens
- Poser des questions
- Te faire rassurer
Ça aide ton système nerveux à se calmer et mieux accueillir la douleur.
🍎💧Petit rappel important : énergie et hydratation
On n’y pense pas toujours, mais accoucher, c’est vraiment comme courir un marathon.
- Ton corps travaille fort, longtemps
- Tes muscles sont sollicités
- Ton énergie descend vite
Boire
Si tu es déshydratée, les contractions peuvent être plus douloureuses et moins efficaces. Bois régulièrement, même en petites gorgées (avec une paille, on a plus tendance à vouloir boire).
Manger
Oui, tu peux (et tu devrais) manger. Privilégie quelque chose de léger, comme un smoothie, une compote, des fruits, des petites collations faciles à digérer.
Pourquoi c’est important?
Moins d’énergie et déshydratation = moins de tolérance à la douleur et plus de fatigue!
🤸Exercices & mobilité du bassin (fin de grossesse et jour J)
Les exercices et la mobilité ont pour objectif d’aider bébé à bien se positionner, à diminuer les tensions et te permettre de bouger (et même penser à autre chose) pendant les contractions.
Le 4 pattes
Cette position permet de :
- Aider bébé à se placer
- Enlever de la pression dans le bas du dos
- Relâcher le plancher pelvien
Tu peux ajouter à cette position :
- Des petits balancements
- Des cercles avec le bassin
- Une respiration lente
- Le chat content & pas content (creuse et arrondis ton dos)
Cercles de bassin (debout ou sur ballon)
Super simple, mais efficace :
- Fais des cercles lents avec ton bassin
- Change de direction
- Fais un mouvement d’infini
Sur un ballon suisse, l’exercice est beaucoup plus relaxant (surtout le jour J).

La suspension
Avec un partenaire ou une barre, tu te laisses « pendre » légèrement. Ça permettra d’ouvrir le bassin et créer une décompression dans le bas du dos.
Danser💃
En début de travail surtout, mets une musique que tu aimes et bouge doucement. Ça aide à relâcher, placer bébé et même diminuer la perception de douleur!
La position sur la toilette
Au besoin, prends le temps d’aller t’asseoir sur la toilette. Cette position permet de relâcher le périnée, favorise la descente de bébé et diminue les tensions.
Tu peux t’asseoir normalement ou même appuyer tes coudes sur le réservoir d’eau et maintenir la position.
Se pratiquer AVANT
Tu peux même tester ta capacité à gérer l’inconfort avant l’accouchement.
- Prends un glaçon dans une main et ferme ton poing autour de celui-ci pendant une minute.
- Prends conscience de la façon dont ton corps réagit.
- As-tu le goût de bouger, de fermer les yeux, de marcher, de crier?
Une contraction dure environ une minute, donc observe comment tu réagis et réutilises ce qui t’aide le jour J.
Petites astuces pour limiter les chances d’un bébé en postérieur
Pendant la grossesse
L’idée, c’est de favoriser des positions où ton ventre est vers l’avant.
- Assise sur un ballon suisse
- Penchée légèrement vers l’avant
- Éviter de rester longtemps « écrasée » dans une chaise ou un divan
On veut éviter la position « évachée » vers l’arrière le plus possible.

Le jour J
Bouger sera ton meilleur ami :
- Marcher avec un pied sur le trottoir et l’autre dans la rue
- Se mettre en position de quatre pattes (même dans le bain!)
- Bouger ton bassin tranquillement (faire des 8 ou des petits bons sur un ballon suisse)
Ces positions aident bébé à mieux se placer et peuvent rendre le travail plus tolérable.

Et au final
Tu n’as pas besoin de tout retenir ni d’être parfaite, mais plus tu auras d’outils dans ton bagage, plus tu te sentiras en contrôle et en sécurité, et plus ton corps va collaborer avec toi.

Par Jade Legault, stagiaire chez Momki Bouge
