Grossesse, Nouvelle maman

Quand la maternité n’est pas si rose …

maternité
Te voilà enceinte de ton premier bébé! Félicitations!
Tu vas voir c’est la plus belle chose au monde (qu’on te dira). Bon ok, le 1er trimestre, c’est long, nauséeux, pas encore concret et c’est parfois un lourd secret à garder (on a tellement hâte de le dire à tout le monde, mais on se protège … tsé la fausse couche…) Sans oublier l’énorme fatigue : tu redécouvres la joie de faire des siestes !
Vers le 2e trimestre, tu rayonnes et tu as un regain d’énergie! Tu commenceras peut-être à regarder pour suivre des cours prénataux, ne serait-ce que pour te préparer mentalement, visiter un hôpital ou une maison des naissances, comprendre les mots dilater, effacer, contractions, 1 min aux 5 min, connaître des positions d’allaitement, les soins au nouveau-né, le rôle du papa etc.
Vers le 3e trimestre, tu visualiseras de plus en plus ton accouchement. Tu auras hâte et peur à la fois. Un beau mélange d’émotions. Tu t’imagineras aussi ta future vie avec ce tout petit bébé que tu devras prendre soin. Tu seras bien préparée. Tu te feras dire que tu seras une bonne maman, que tout ira bien, que tu auras ton instinct pour t’aider, et que dormir 3 x 1h par nuit, c’est moins pire qu’on ne le pense.
Oui, peut-être!
Ou, peut-être pas…
L’accouchement dont tu avais rêvé et si bien visualisé ne s’est pas déroulé comme prévu. Tu n’avais pas pensé à te préparer à une césarienne d’urgence, ou à l’utilisation de ventouse. On t’avait dit que si tu marchais pendant ton accouchement tout irait bien… On t’avait dit aussi qu’allaiter n’était pas douloureux. Pourtant, ça a commencé difficilement et tu ne trouves pas ça agréable même après 2 semaines. Tu fouilles dans ton Mieux-vivre en peine nuit, désemparée, pour savoir si c’est normal d’avoir une crevasse qui saigne et ce que tu dois faire. Tu ne savais pas que tu pouvais avoir autant de difficulté à marcher même quelques jours après l’accouchement tellement ton périnée est enflé. Tu regardes ton corps mou dans le miroir. Tu regardes tes cicatrices, tes vergetures, les lignes de vie. Un mois après l’accouchement : le manque de sommeil arrive, la visite qui s’en mêle, la pression sociale se fait ressentir de plus en plus.
« Vient nous montrer ton bébé! Bin là, tu veux pas nous le présenter ou quoi ? Je m’en viens chez toi dans 20 minutes! »
« Ah. Bin moi, mes bébés… »
« Essai ça fille, fait si, fait ça… »
«… »
Tu es confuse.
Le sentiment de culpabilité.
La solitude.
STOP!
Tu n’es tellement pas seule! Tout ça EST normal! C’est le côté sombre et tabou que personne n’osait te parler. Mais, on aurait dû. On aurait dû te dire de t’entourer de femmes, de construire ton village. On aurait dû te dire de préparer ta période postnatale. Tu as peur d’appeler ou de texter une amie pour une question. Tu ne veux pas la déranger, pensant qu’elle est très occupée avec ses enfants. Tu ne veux pas demander à ta mère pour une 3e fois cette semaine de venir garder bébé, le temps que tu prennes une douche et que tu fasses une sieste. Tu te raisonnes en te disant qu’au moins, ton conjoint t’aide dans la maisonnée, contrairement au temps de nos grands-mères où les pères retournaient travailler le lendemain de l’accouchement. Mais nos grands-mères avaient l’aide du village! Une belle-sœur, une amie, une tante, une voisine. Toutes laissaient la nouvelle maman se reposer et prenaient soin d’elle (oui oui, prendre soin de la maman) pendant environ 40 jours!
Avec la situation de confinement que l’on vit actuellement, c’est encore plus difficile de construire son village. Les ressources physiques sont limitées, mais les ressources en ligne sont nombreuses. Prépare ton village virtuel si tu es sur le point d’accoucher, ou crée-le si as ton bébé tout rose dans tes bras. Accompagnante à la période postnatale, conseillère en lactation, kinésiologue en périnatalité, physiothérapeute en rééducation périnéale, sans oublier l’équipe de soin médicale que tu peux appeler pour toutes questions. Facetime, Messenger video, Zoom, Skype etc, sont des outils parfaits pour discuter avec une ou des personnes de ton village virtuel. Une amie proche ou un parent qui habite près de chez toi, idéalement sans enfant et qui n’est pas considérée comme une personne à risque pour la situation actuelle, peut venir te donner un coup de main quelques fois par semaine, et pourquoi pas rester à coucher une nuit ou deux, ou garder ton/tes enfants plus vieux chez elle quelques jours.
Prends soin de toi, fille. Prend soin de ton corps et de ta tête. Prend du temps pour toi, à chaque jour, si ce n’est que de prendre une douche chaude seule 10 minutes. Une maman qui prend soin d’elle aidera toute la famille. Tu as le droit de pleurer, d’être découragée, d’être confuse. C’est normal et tu n’es pas seule. Personne n’est à l’abri d’une phase sombre. Même 1 mois après l’accouchement, même 1 an, même 5 ans après.
Parles-en.
PS: Si tu connais une maman qui vient d’accoucher, écoute-la. Demande-lui comment elle va, et écoute-la. Tu veux lui offrir un cadeau de naissance ? Offre-lui une livraison de plats préparés par un traiteur ou un souper de resto livré directement à la maison ! Ça vaut tout l’or du monde dans ce contexte.

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